Revue de presse : « le cinéma, c’est la vie » DNA 5 avril 2015

C’est un cours bien singulier auquel les lycéens issus des établissements Edouard-Schuré de Barr et Freppel d’Obernai ont assisté. Durant plus de deux heures, la cinquantaine d’élèves a suivi une analyse cinématographique d’Hélier Cisterne.

« Faire un film est l’occasion de découvrir un univers méconnu »

Mais force est de constater qu’une fois sur une estrade du lycée, face à une cinquantaine de paires d’yeux, toutes les récompenses ne suffisent plus pour capter son auditoire. Et c’est avec humour et beaucoup de passion qu’Hélier Cisterne a partagé autour d’innombrables questions sur son métier et levé le voile sur la magie du cinéma.

Car, plus d’un siècle après son invention, le 7e art cultive toujours ce paradoxe fabuleux : c’est une machine à rêver dont on prend plaisir à percer la magie. En témoigne, l’ouverture d’Hélier Cisterne : « Au cinéma, rien n’est naturel, rien n’est improvisé. Tout est fait à raison. » Passée la sidération des propos, les lycéens ont longuement interrogé le réalisateur sur ses limites et son pouvoir, comme s’ils cherchaient un Deus ex cinéma. « C’est avant tout un travail d’équipe. Sur le plateau, je peux prendre toutes les décisions que je veux. Mais pour que les techniciens ou les acteurs adhèrent, je me dois d’argumenter mes choix, expliquer mon parti artistique », précise Hélier Cisterne. Et puis, il revient sur le nerf de la guerre : « il y a le budget qui influence sur nos décisions », ajoute-t-il. Mais qu’importe l’âpreté du système, le cinéma aime faire naître ce désir éphémère, tapi en chacun, d’être en grand sur la toile blanche. « Être acteur exige de la technique : connaître son texte, oublier la caméra. Mais au-delà, il faut entendre les directions du réalisateur et être capable d’encaisser les longues heures de travail. Après, il y a la plus grande injustice : certains sont cinégéniques d’autres pas », résume le cinéaste. Méthodologie de réalisation d’un film, construction de plans séquences : jamais la technique n’a semblé si séduisante.

Témoignage brut vivant

C’est à l’aune de ce témoignage aussi brut que vivant, que les lycéens ont abordé les thèmes du graff et de la jeunesse évoqués dans Vandal. « Faire un film est l’occasion de découvrir un univers méconnu », reprend Hélier Cisterne.50-lyceens-de-barr-et-d-obernai-ont-decouvert-comment-se-fabriquait-un-film-photo-dna

Dans ce long-métrage, Chérif, 15 ans, est un adolescent rebelle. Il est envoyé chez son oncle et sa tante à Strasbourg, où il doit reprendre son CAP maçonnerie. Plus qu’une nouvelle chance, c’est une nouvelle vie qui s’offre à lui lorsqu’il découvre le monde des graffeurs. « C’est un film qui parle à la jeunesse à travers le graff. Il y a beaucoup de paradoxes à cet âge : une recherche de célébrité tout en demeurant caché, une volonté de casser les codes », analyse le réalisateur. Avançant sur une ligne étroite, Hélier Cisterne se rend compte qu’il n’est pas franchement en face de jeunes « rebelles », mais qu’importe, le message passe.

Et à l’instar du film, bien des questions demeurent en suspens. « Elles correspondent à l’écriture de la vie. Nous ne savons rien et il ne faut pas se mentir », conclut Hélier Cisterne. (F.M. DNA Obernai)

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